"UNE VOLONTÉ VISCÉRALE D’INNOVER "
Il est indéniable que sans l’album The Classic Symptoms of a Broken Spirit paru en octobre 2022, Architects n’aurait pas eu le bagage nécessaire pour être poussé dans ses retranchements en termes de créativité et de sonorités inexplorées. Cet opus a divisé une petite partie de la critique et du public, qui ne s’attendait visiblement pas à une direction différente empruntée après le large succès de For Those That Wish to Exist. Qu’à cela ne tienne, tous les feux étaient au vert pour que la formation originaire de Brighton puisse poursuivre son expérimentation sonore dans ce sens pour notre plus grand plaisir. Pourtant, depuis sa formation en 2004, le groupe a toujours proposé des opus ambitieux avec une certaine prise de risque, s’élevant désormais au rang de classiques du genre. Dans une ère où le metalcore subit de profondes mutations alimentées par des groupes avant-gardistes jeunes et ambitieux tels que Bad Omens et Sleep Token, ils se libèrent de tout carcan limitant et s’adonnent à tout exercice de style mêlant tous genres, inspirant la génération de groupes qui les ont eux-mêmes inspirés. La boucle est bouclée. C’est à travers cette perspective que Sam Carter, Dan Searle, Alex Dean et Adam Christianson décident de se fier à leur intuition en puisant au plus profond d’eux-mêmes.
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UNE COLLABORATION AVEC UN ACTEUR CLÉ DE LA SCÈNE METALCORE : JORDAN FISH
Il leur fallait un regard extérieur, frais, novateur et une approche de la production toute autre après avoir amorcé le travail sur The Classic Symptoms of a Broken Spirit. C’est avec l’aide de Jordan Fish -ayant quitté le navire Bring Me The Horizon pour se concentrer sur la production (Poppy, Bad Omens, House of Protection…)- qu’Architects a pu trouver les ressources pour se dépasser. Le groupe a su délivrer un condensé du meilleur de ce qu'il a pu proposer jusqu'à maintenant en 10 albums mais surtout de montrer qu’il excelle en matière de créativité et d’innovation. Loin de se contenter d’un succès critique et commercial avec une ascension fulgurante se produisant en tête d’affiches des plus grands festivals metal et en partageant la scène avec Metallica ou encore Linkin Park, Architects démontre sans cesse toute sa soif et sa rage constante de se surpasser. Travailler avec Jordan Fish permet à Dan Searle (batterie) de s’émanciper du rôle de producteur qu’il avait endossé pour se focaliser sur sa créativité. De cette collaboration unique naît The Sky, The Earth & All Between. Le groupe perpétue la tradition des titres grandiloquents de leurs albums plein de sens, frôlant presque de titres de poésie ou d’essais. Architects fait ainsi honneur aux titres de ces œuvres à la hauteur de son ambition avec un album dense, riche, à la vision claire, au propos pertinent et au parti pris assumé.
UN BEST-OF DE CE QU'ARCHITECTS SAIT FAIRE DE MIEUX
En 12 titres, Architects ne se contente pas de nous servir un best-of de ce qu'il faisait faire de mieux en termes de technique, de musicalité et de textes. Il nous embarque dans un voyage tumultueux sans temps mort, un aller-retour express entre la Terre, le ciel et tout ce qu’il y a entre. Au programme : l’éthéré et brutal “Elegy” qui aurait eu sa place dans For Those that Wish to Exist, les riffs et lyrics furieux et agressifs de “Seeing Red et “Whiplash” en passant par le pop rock stadium addictif et taillé pour les arenas :“Everything Ends”. On ne peut pas passer à côté du travail remarquable sur la voix de Sam Carter. On sent vraiment qu’il s’est challengé notamment pour se fondre avec le timbre d’Amira Elfeky sur “Judgement Day”. Phrasé sensuel, presque susurré, voix de tête d’Amira couplé avec le scream et le chant clair tout aussi sensuel de Sam confèrent à ce titre une fusion parfaite et maîtrisée de leurs deux univers qui matchent si bien ensemble. Avec “Judgement Day”, on ne peut s’empêcher de penser au travail de Bring Me The Horizon et Jordan Fish sur amo (“Nihilist Blues” feat. Grimes) et Music to Listen to (“?” feat Halsey”).
Le vulnérable et à la fois aérien et massif “Broken Mirror” déploie parfaitement la capacité qu’Architects a à traduire les fluctuations des émotions complexes : la douleur et le désespoir allant progressivement vers une explosion de rage, vigoureuse et intense.
Les Anglais s’associent à House of Protection (ex membres de Fever 333 eux aussi produits par Jordan Fish) sur l’incisif “Brain Dead” et nous balance en pleine figure un son lourd à la croisée entre le punk hardcore aux accents électro à la The Prodigy. “Landmines” jette le pont entre metalcore et électro à la manière de Bad Omens ou de Bring Me The Horizon. “Chandelier” vient clôturer ce voyage et contrebalancer l’ensemble à travers une balade planante, presque enivrante.
Architects est désormais et plus que jamais au sommet de son art et atteint enfin son but en délivrant une œuvre faisant grâce à son talent à tous les niveaux. Une superproduction tant sur l’album que pour les clips qui se perpétuera très certainement sur scène. Architects place ainsi la barre très haute et s’érige en figure de proue incontestée de la scène metal moderne à l’internationale. L’album sonne déjà comme un instant classic et sera une parfaite introduction aux musiques alternatives pour les futures générations, à l’instar de Sempiternal de Bring Me The Horizon a pu l’être.
TOURNÉE EN FRANCE
10 mars - Lille / Zénith
11 mars – Strasbourg / Zénith
12 mars – Nantes / Zénith
14 mars - Lyon / Halle Tony Garnier
TRACKLIST
Elegy
Whiplash
Balckhole
Everything Ends
Brain Dead (feat. House of Protection)
Evil Eyes
Landmines
Judgement Day (feat. Amira Elfeky)
Broken Mirror
Curse
Seeing Red
Chandelier
Par Sarah Laichaoui