Les Dead Daisies sont de retour au Forum Vauréal près de 8 ans après leur premier passage. A l'époque c'était dans l'ancienne salle et je n'avais malheureusement pas pu m'y rendre pour cause de Hellfest au même moment... Cette fois ils jouent dans le Forum 2.0 et je pense que tout comme nous ils ont dû apprécier le cadre et le son fabuleux de ce nouvel écrin ! En plus le concert est sold-out car les fans sont venus en nombre, parfois de loin comme mon ami Bertrand du ch'Nord... Il faut reconnaître que les DD aiment plutôt beaucoup la France puisque c'est leur 3ème concert en région parisienne en moins d'un an et demi. Après la Machine du Moulin Rouge fin 2023 (avec Brian Tichy à la batterie) et l'Elysée Montmartre fin 2024 (avec Reb Beach à la guitare), on retrouve donc avec grand plaisir Doug Aldrich, absent la dernière fois pour raisons médicales, et Tommy Clufetos qui officie derrière les fûts en alternance avec Mr Tichy depuis que Dean Castronovo a rejoint les rangs de Journey. Il faut dire que David Lowy,le « C.E.O. des DD », comme se plait à le décrire John Corabi, a les moyens financiers de se payer les plus grosses pointures de l'industrie musicale et après tout tant mieux pour lui et surtout pour nous...





















On commence avec The Treatment que j'avais déjà vu au Raismes Fest il y a une dizaine d'années et dont j'avais dit à l'époque « Après la déferlante Vulcain, la prestation de The Treatment sera comme une douche froide pour moi et surtout une vraie punition pour mes oreilles. Ce boys' band (les membres du groupe ont à peine 20 ans) déverse une bouillie sonore indigeste, les compos sont inexistantes et le public ne réagit d'ailleurs que mollement . Bref à oublier bien vite. » ! Bon je reconnais qu'ils ont fait quelques progrès entre temps mais cela reste du Canada Dry des glorieuses 70's avec des compos insignifiantes pompées les ¾ du temps sur AC/DC, un chanteur sans voix et des guitaristes qui font tout pour sauver la mise mais sans succès. D'ailleurs ça somnole fort dans la salle...










Concernant les Dead Daisies je me dois de commencer par quelques reproches concernant leur prestation avant d'en faire l'éloge... Bon sang ne pouvez-vous pas changer un peu plus votre set-list alors que vous passez si souvent par chez nous ? Quasiment toujours les mêmes morceaux et surtout les sempiternelles reprises que sont « Fortunate Son », « Helter Skelter », « Take A Long Line », « Midnight Moses »... Des musiciens de votre acabit doivent être capables de piocher dans l'histoire du rock pour trouver d'autre morceaux dignes d'intérêt et qui changent de cette paresseuse routine non ? Et ne parlons pas du massacre de ces pépites du blues que sont « Crossroads » ou « Goin' Down ». Ca augure mal du « nouvel » album ! Pourquoi faut-il toujours que les « hardos » se croient obligés de « rendre hommage » aux pionniers du blues en rendant méconnaissables et lourdingues leurs œuvres intemporelles qui n'avaient vraiment pas besoin d'un tel traitement ? Les pauvres Robert Johnson et Freddie King doivent se retourner dans leur tombe ! Je préfère mille fois écouter les reprises de « Crossroads » par Clapton/Cream, Alvin Lee/TYA ou même Lynyrd Skynyrd voire The Allman Brothers Band que cette bouillie ici proposée. Idem pour « Goin' Down » qui est régulièrement repris par les artistes de blues pour des versions beaucoup plus respectueuses et inspirées qu'ici. Bon cela étant dit, les Dead Daisies restent une formidable machine scénique. Des morceaux comme « Long Way To Go », « Dead And Gone », « Light 'Em Up » ou « I'm Gonna Ride » sont de véritables brûlots qu'on ne se lasse pas de réécouter car interprétés avec une fougue indiscutable. John Corabi est comme toujours le sympathique maître de cérémonie de ce rock'n'roll show implacable. Doug a retrouvé son rôle de guitar-hero dynamique et inspiré malgré ses récents ennuis de santé qui ont inquiété ses nombreux fans. Michael Devin respire la joie d'être là et de communier avec le public. David Lowy est égal à lui-même et prendra même le micro (enfin une petite nouveauté!) pour un « Get a Hair-Cut » fort apprécié. Enfin Tommy Clufetos nous fera son show comme du temps où il jouait avec Sabbath avec des gestes amples et une frappe pachydermique qui mériterait parfois un peu plus de finesse mais ne faisons pas la fine bouche. La présentation des musiciens par John sera une nouvelle fois l'occasion de jouer quelques mesures de grands classiques de la rock-music mais là encore ce seront rigoureusement les mêmes que les fois précédentes, désolé d'insister !












En résumé bilan mitigé de la soirée. J'aimerais que les Dead Daisies prennent un peu plus de risque sur scène. Là on a l'impression qu'ils sont en pilotage automatique avec une setlist calibrée et immuable, un show réglé comme du papier à musique qui se doit de rentrer dans les 90 minutes chrono, des blagues récurrentes comme celle du partage de la même femme (« mais pas au même moment ») entre John et Michael... Bref ça manque cruellement d'impro et de spontanéité mais bon ça le fait quand même surtout, je suppose, si on les voit pour la première fois !
Merci à Angèle, Raphael et Aurélie...
Texte par Olivier Carle
Photos par Christian Lambin